Laisser filer le temps / Letting time flow
Samedi 5 octobre 2024, McLeod Ganj, Darhamshalla
La dernière fois que je vous écrivais, je venais à peine d’arriver dans mon cher petit village et j’essayais de reprendre mon souffle, dans cet air sec et moins riche en oxygène. Ça fait déjà deux semaines et demie.
Depuis mon arrivée, grâce à une excellente connexion avec le réseau téléphonique Airtel, mais aussi avec un wifi amélioré dans la maison d’Hémis Shukpachan, j’ai trouvé plus facile de vous faire des diffusions en direct sur Facebook, ou de vous envoyer de petites vidéos accompagnées de photos, individuellement, au gré de mes pensées et de mes expériences du moment.
Le temps ladakhi a passé vite, comme tous les autres « temps » de cette aventure passeront, la vie n’étant qu’un flot constant de conscience qui ne s’arrête jamais. On voit la rivière d’année en année et l’on croit être devant le même « objet », pourtant elle se déplace et se déforme, reprenant sans cesse un nouveau corps, un nouveau visage. Comme en la vie qui passe, on croit solidement en cette rivière, oubliant que ce que l’on observe à l’instant même, est déjà terminé lorsque l’instant d’après surgit.
Je suis donc arrivé dans mon village et j’y suis demeuré seulement une semaine.
Cette année, mon objectif étant de revoir principalement ces gens et ces lieux que j’ai aimés depuis 23 ans, je n’ai pas souhaité demeurer longtemps là où je vais. Il a bien fallu une semaine sur Leh, avant que je puisse obtenir un transport vers mon village, les garçons étant tous occupés par leur travail. Je me suis un peu senti comme ce « monononcle » des États que tout le monde est content de voir arriver et pour qui on se fait un devoir de d’accueillir le mieux possible.
Mission accomplie! Le plus jeune des fils, Tsering Dorjay, aura été mon hôte à l’arrivée et au départ. Mon « fiston », Thinles Paljor, aura été celui qui m’a permis de transiter de la ville au villlage, puis du village à la ville. Enfin, c’est le plus vieux, Norboo Dorjay, qui m’a conduit et accompagné dans cette magnifique Vallée de la Nubra que je rêvais de voir depuis plus de deux décennies.
Dans mon village, j’ai renoué plus directement avec certains amis précieux, certains membres de ma famille qui ont marqué plus que d’autres ces 20 dernières années. Je pense aux enfants devenus tous grand(e)s et en âge de prendre époux. Je pense aussi aux parents, Sonam et Tashi, qui ont toujours déployé tellement d’effort pour faire de mes séjours des moments mémorables et qui avant mon départ m’ont offert un grand châle aux motifs traditionnels, en Laine tissée et teinte à la main par Tashi (Ama lay - maman) elle-même. Je pense aussi à Ani Chomo, La vieille tante none qui a eu 82 ans cette année et dont les capacités semblaient avoir beaucoup diminué. Je lui demandais comment elle se sentait et elle m’a montré ses genoux en grimaçant. J’ai collé mon front au sien, puis l’ai prise dans mes bras, versant comme elle quelques larmes, alors qu’elle me disait en pleurant « je m’en vais tu sais », ce à quoi j’ai répondue tendrement « we all go there, this is life, but it’s certainly not always easy ». Je n’oublierai pas ce dernier moment avec elle, ni ceux en compagnie de chacun des autres: la famille élargie, les grands oncles, les tantes, mais aussi mon précieux ami Wangtak Rigzin, l’amchi du village, ses filles, son épouse et tous les voisins qui me saluaient au passage, surpris et contents de me revoir.
J’ai quitté Hémis Shukpachan dans un mélange de douce tristesse et de contentement résolu.
Quelques jours de plus sur Leh en revenant du village, J’ai pris le temps de marcher vers différents lieux célèbre de Leh: Le monastère du Palais de Tsemo, Le Vieux Leh près du terrain de polo, le quartier de Chanspa et le Moti Market. Sur la route du Marché Moti, j’ai découvert une boutique d’optométrie, où un jeune optométriste de 22 ans, originaire du Penjab, m’a taillé des verres sur mesure, à la force de mes yeux. Pour une monture flexible, puis des lentilles progressives qui teintent au soleil, j’ai déboursé 3200 Roupies Indiennes ($55 cnd). Dans les jours qui ont suivies, je suis revenu le voir à deux reprises pour faire tailler des verres de lecture pour une amie du Québec, mais aussi avec un français de Lille rencontré sur Main Bazard et qui rêvait de renouveler ses lunettes. Je vous mettrai quelques photos plus bas, en lien avec cette histoire de lunettes répétée.
Du 26 au 28 septembre, avec Norboo, je partais vers la Vallée de la Nubra. Pour s’y rendre, il faut emprunter un long ruban noir qui serpente les montagnes et traverse un col à plus de 5480 mètres, le Khardong La. La haut, on a le souffle court, des vents froids et une vue à couper le souffle. Le toit du monde commence vraiment sa pente vers l’Everest et comme les images vous le montreront, c’est impressionnant. La rivière Nubra qui donne son nom à la Vallée se situe a 500 mètres plus bas que la vallée de l’Indus où se trouve la ville de Leh. Mon corps qui se plaisait à redescendre un peu, N’arrivait cependant pas à se débarrasser de cet essoufflement, ni de ces saignements matinaux des sinus. Un air trop sec et des espaces semi-désertiques, ainsi qu’une altitude élevée (3050 mètres), avec des chameaux venus s’y enraciner depuis les premiers jours de la Route de la Soie, donnent à cette magnifique vallée un air peu commun d’histoire de bout du monde.
Nous y avons visité le plus important monastère, celui de Diskit, où Sa Sainteté le Dalaï-Lama vient résider depuis des décennies, lorsqu’il vient au Ladakh. Dans les dernières années, on lui a même construit une résidence spéciale, puis une immense statue du bouddha Maitreya de 32 mètres de hauteur, qui a d’ailleurs été fabriquée et mise en place par un très vieil artiste de mon village Hémis Shukpachan. Le même qui nous a donné une autre très grande statue qui trône au-dessus de notre village, celle du bouddha Shakyamuni que vous verrez parmi mes photos.
Nous nous sommes aussi rendus à Hunder pour un court passage, afin d’aller « vérifier » de vive oreille ces histoires de chameaux venus s’installer jadis sur la Route de la Soie. Une histoire fabuleuse dont j’ai ressenti le frisson me parcourir l’échine en « jasant » avec l’un d’entre eux. Ah le chameaux 🐫
Nous avons dormis dans de charmants petits guesthouses les deux nuits. D’abord à Diskit, puis à Sumoor. Nous aurions pu aller jusqu’en bordure du Pakistan, à Turtuk où paraît-il les paysages sont magnifiques, mais il aurait fallut allonger les déplacements sur un jours de plus et je n’avais pas envie d’abuser de la gentillesse et de la disponibilité de mon précieux conducteur. Je voulais voir la fameuse Vallée et j’en ai eu plein la vue, plein le cœur.
Nous avons repris la route le 28 septembre pour rentrer sur Leh, afin que je puisse me reposer et préparer mon départ. Une seconde traversée de ce très haut col de Kardong et une descente lente vers Leh nous a ramené en ville autour de midi afin d’apprécier ces trois derniers jours dans la ville royale.
Spice-Jet a déplacé mon vol de retour sur Delhi de plus de deux heures, ce qui ne me permettait plus de prendre le vol suivant avec eux (non-connecté) vers Darhamshalla. J’ai donc dû demander un remboursement complet (on me l’offrait) et réserver un autre vol, avec IndiGo cette fois-ci. J’ai finalement réalisé une économie de 73$. Comme on dit, « un mal pour un bien »!
C’est Tsering Dorjay qui est gentiment venu me chercher à 5:00 du matin pour m’emmener à l’aéroport. Le vol était à l’heure et j’ai eu suffisamment de temps pour transiter d’un terminal au suivant, une fois atterri à Delhi.
J’ai quitté cette terre lointaine et hors de l’ordinaire, ce pays presque onirique pour moi, avec un sentiment de plénitude, de mission accomplie, plus incertain que jamais auparavant d’y revenir un jour, en cette même vie. J’ai aimé ce monde et m’y suis senti chez-moi depuis le début de ce millénaire et je l’ai quitté sereinement, laissant la porte entrouverte à y revenir un jour, de la même manière que j’ai laissé derrière moi la vie d’artiste sans jamais dire « c’est terminé ». Sincèrement, je ne sais pas si j’y reviendrai, si nous y aurons d’autres rendez-vous, mais je ne ressens pas ce pincement au cœur que j’avais pourtant ressenti si souvent en décollant à de nombreuses reprises du Ladakh, depuis août 2001. Il me restait d’autres expériences, d’autres amitiés profondes, d’autres attachements à conclure.
McLeod Ganj
Le second vol était lui aussi à l’heure et le ciel était calme après le décollage du petit aéronef de Bombardier. Nous avons volé à plus de 8000 mètres, tranquillement, agréablement. J’avais pris soin d’ajouter un léger supplément afin d’être aussi en première rangée, avec de l’espace pour les jambes et un hublot pour voir le sol et le ciel. Il faisait beau, la mousson était bien terminée. Quel plaisir d’arriver a Kangra, d’enfiler les kilomètres de route dans ces montée verdoyantes qui mènent vers McLeod Ganj. L’air sent la verdure et une odeur de bouse de vache épice légèrement ce parfum que je jouis toujours à respirer, à chaque fois. Puis tout à coup on aperçoit des drapeaux de prières tibétains accrochés aux arbres, en flanc de montagne. On arrive au pays de résidence du Dalaï-Lama.
J’ai retrouvé mon petit hôtel de la dernière fois et ses employés, toujours aussi charmants.
Dès les premières journées, des amis ayant appris ma présence à travers mes « posts » sur Facebook m’ont laissé des message et nous nous sommes donnés des rendez-vous, tantôt pour déjeuner, tantôt pour diner et pour aller marcher sur les sentiers de Bagsu, le petit village juste à côté, lui aussi en flanc de montagne. Puis, je suis allé au Monastère de Namgyal afin d’essayer d’obtenir le privilège d’une rencontre de petit groupe avec « le Grand 14ième », comme on appelle ici le Dalä-Lama. On m’a renvoyé vers l’adresse courriel de son secrétaire, Tenzin Takla. J’ai écris mon courriel le 2 octobre et j’attend une réponse, l’espérant positive, mais je sais que les chances sont réduites, même si j’ai spécifié que mes efforts en ce sens n’avais jamais été couronnés de succès au cours des 20 dernières années, à l’exception d’une invitation fortuite il y a deux ans, le jour de mon départ. Je croise les doigts et j’accepte ce qui viendra dans ma boîte à « mail ».
On est samedi, j’ai retiré plein de Roupies ce matin, pour mieux rencontrer les dépenses des 17 prochains jours, puis je suis rentré m’asseoir pour vous écrire enfin. Je sais que vous n’avez pas tous la chance de me suivre sur Facebook. Dommage. Mais c’est pour ça que j’écris ces carnets de voyages dans lesquels je peux me permettre plus d’intimité, plus de profondeur, plus de mots.
Il me reste donc 17 jours ici et je les aborde lentement, en toute tranquillité d’esprit. Je disais à Sylvain et à notre amie brésilienne, Paula, que j’ai mis de côté toutes les obligations, les cours en ligne et même les assises quotidiennes qui ont si parfaitement remplies mes dernières années, depuis bien avant la pandémie. Besoin de simplement ‘être’, de m’unir à chaque instant et de mourir avec, laissant la vie et les expériences naître et se renouveler au fil des heures et des secondes. Ça me fait un bien immense. Je demeure branché sur ce qui fait vibrer le monde, j’écoute même parfois les matinales et les balados sur OhDio. La Terre n’a jamais arrêté de tourné lorsque je voyage et rester aux sources de ce qui bat l’actualité ne m’a jamais empêché de bien vivre l’aventure. Pourquoi prétendre à une autre vie, à une vie en vase clos, alors que « tout ça » fait partie de l’époque qu’il m’est donnée de vivre?
Je commence à mieux entrevoir la troisième partie de l’Aventure, à voir réapparaître peu à peu le Népal dans mes plans, conscient que ce troisième passage en moins de douze mois au pays des hauts sommets du monde pourrait bien être le dernier en solo, sinon le dernier, tout simplement. Qui sait? Je n’ai pas vraiment de plans pour le moment, alors que je suis toujours parti à l’aventure en pensant déjà à la fois suivante.
Voilà pour cette dernière lettre dans mon carnet de voyage! J’espère qu’elle vous aura apporté quelques sourires, quelques « frissons d’aventure ».
Thundup
(Celui qui atteint ses buts)
Les photos suivront la version anglaise.
P.S.: BONNE NOUVELLE! Au moment de poster ma lettre, je recevais le message suivant:
Secretary
Office of His Holiness the Dalai Lama
__________
Himalayan Adventure 2024
Letter from McLeod Ganj, Darhamshalla
Saturday, October 5, 2024, McLeod Ganj, Darhamshalla
The last time I wrote to you, I had just arrived in my dear little village and was trying to catch my breath in this dry and less oxygen-rich air. It has already been two and a half weeks.
Since my arrival, thanks to an excellent connection with the Airtel telephone network, but also with improved wifi in Hemis Shukpachan's house, I have found it easier to do live broadcasts on Facebook, or to send you short videos accompanied by photos, individually, according to my thoughts and experiences of the moment.
The Ladakhi time has passed quickly, as all the other "times" of this adventure will pass. Life is only a constant stream of consciousness that never stops. We see the river from year to year and we believe we are in front of the same "object", yet it moves and deforms, constantly taking on a new body, a new face. Like life that nevertheless passes, we firmly believe in this river, forgetting that what we observe one moment, is already finished when the next moment arises.
So I arrived in my village and stayed there only a week.
This year, my main objective being to see again mainly these people and places that I have loved for 23 years, I did not want to stay long where I am going. It took a week in Leh, before I could get transport to my village, the boys being all busy with their work. I felt a bit like this "uncle" from the States that everyone is happy to see arrive and makes it a duty to serve to the best of their ability. Mission accomplished! The youngest of the sons, Tsering Dorjay, was my host on arrival and departure. My "son", Thinles Paljor, was the one who allowed me to travel from the city to the village, then from the village to the city. Finally, it was the oldest, Norboo Dorjay, who led me and accompanied me to this magnificent Nubra Valley that I had dreamed of seeing for more than two decades.
In my village, I reconnected more directly with some precious friends, some members of my family who have left more of an impact than others over the past 20 years. I think of the children (who have all grown up and are old enough to marry). I also think of my parents, Sonam and Tashi, who have always made such an effort to make my stays memorable and who, when I left, offered me a large shawl with traditional patterns, in wool woven and hand-dyed by Tashi (Ama lay - mother) herself. I also think of Ani Chomo, the old aunt who turned 82 this year and whose abilities seemed to have greatly diminished. I asked her how she was feeling and she showed me her knees, grimacing. I pressed my forehead to hers, then took her in my arms, shedding a few tears like her, while she told me in tears "I'm leaving you know", to which I replied tenderly "we all go there, this is life, but not always easy". I will not forget this last moment with her, nor those in the company of each of the others: the extended family, the great uncles, the aunts, but also my precious friend Wangtak Rigzin, the amchi of the village, his daughters, his wife and all the neighbors who greeted me as they passed, surprised and happy to see me again.
I left Hemis Shukpachan in a mixture of sweet sadness and resolute contentment.
A few more days in Leh on my way back from the village, I took the time to walk to different famous places in Leh: Tsemo Palace Monastery, Old Leh near the polo field, the Chanspa district and the Moti Market. On the road to the Moti Market, I discovered an optometry shop, where a young 22-year-old optometrist, originally from Punjab, cut me custom-made glasses, based on the strength of my eyes. For a flexible frame, then progressive lenses that tint in the sun, I paid 3200 Indian Rupees ($55 cnd). In the days that followed, I came back to see him twice to have reading glasses cut for a friend from Quebec, but also with a Frenchman from Lille whom I met on Main Bazard and who dreamed of renewing his glasses. I will put some photos below, in connection with this story of repeated glasses.
From September 26 to 28, with Norboo, I left for the Nubra Valley. To get there, you have to take a long black ribbon that winds through the mountains and crosses a pass at more than 5480 meters, the Khardong La. Up there, you are short of breath, cold winds and a breathtaking view. The roof of the world really begins its slope towards Everest and as the images will show you, it is impressive. The Nubra River which gives its name to the Valley is located 500 meters lower than the Indus Valley where the city of Leh is located. My body which liked to go down a little, However, could not get rid of this shortness of breath, nor of this morning bleeding from the sinuses. Too dry air and semi-desert areas, as well as a high altitude (3050 meters), with camels who have come to take root there since the early days of the Silk Road, give this magnificent valley an unusual air of end-of-the-world history.
We visited the most important monastery there, that of Diskit, where His Holiness the Dalai Lama has been staying for decades, when he comes to Ladakh. In recent years, a special residence was even built for him, then a huge statue of Maitreya Buddha 32 meters high, which was also made and installed by a very old artist from my village Hemis Shukpachan. The same one who gave us another very large statue that sits above our village, that of Shakyamuni Buddha that you will see among my photos.
We also went to Hunder for a short stop, in order to "verify" by ear these stories of camels who once settled on the Silk Road. A fabulous story that sent shivers down my spine while "chatting" with one of them. Ah, camels 🐫
We slept in charming little guesthouses for both nights. First in Diskit, then in Sumoor. We could have gone to the edge of Pakistan, to Turtuk where apparently the landscapes are magnificent, but we would have had to extend the trips over one more day and I did not want to abuse the kindness and availability of my precious driver. I wanted to see the famous Valley and I had a great view, a great heart.
We got back on the road on September 28 to return to Leh, so that I could rest and prepare for my departure. A second crossing of this very high Kardong pass and a slow descent to Leh brought us back to the city around noon to enjoy these last three days in the royal city.
Spice-Jet moved my return flight to Delhi by more than two hours, which meant that I could no longer take the next flight with them (non-connecting) to Darhamshalla. So I had to ask for a full refund (it was offered to me) and book another flight, this time with IndiGo. I ended up saving $73. As they say, “a blessing in disguise”!
It was Tsering Dorjay who kindly picked me up at 5:00 in the morning to take me to the airport. The flight was on time and I had enough time to transit from one terminal to the next, once I landed in Delhi.
I left this distant and unusual land, this almost dreamlike country for me, with a feeling of fulfillment, of a mission accomplished, more uncertain than ever before of returning there one day, in this same life. I have loved this world and felt at home here since the beginning of this millennium and I left it serenely, leaving the door ajar to return there one day, in the same way that I left behind the life of an artist without ever saying "it's over". Honestly, I don’t know if I’ll come back, if we’ll have other meetings there, but I don’t feel that pang in my heart that I had felt so often when taking off from Ladakh many times since August 2001. I had other experiences, other deep friendships, other attachments to conclude.
McLeod Ganj
The second flight was also on time and the sky was calm after the small Bombardier aircraft took off. We flew at over 8000 meters, quietly, pleasantly. I had taken care to add a small supplement in order to be in the first row too, with legroom and a window to see the ground and the sky. The weather was nice, the monsoon was well and truly over. What a pleasure to arrive in Kangra, to take on the kilometers of road in these green climbs that lead to McLeod Ganj. The air smells of greenery and a smell of cow dung lightly spices up this perfume that I always enjoy breathing, every time. Then suddenly we see Tibetan prayer flags hanging from the trees, on the mountainside. We arrive at the country where the Dalai Lama lives.
I found my little hotel from last time and its employees, still as charming.
From the first days, friends who learned of my presence through my “posts” on Facebook left me messages and we made appointments, sometimes for lunch, sometimes for dinner and to go walking on the trails of Bagsu, the small village right next door, also on the mountainside. Then, I went to the Namgyal Monastery to try to obtain the privilege of a small group meeting with “the Great 14th”, as the Dalai Lama is called here. I was sent to the email address of his secretary, Tenzin Takla. I wrote my email on October 2nd and I am waiting for a response, hoping for a positive one, but I know that the chances are slim, even though I specified that my efforts in this direction had never been successful in the last 20 years, with the exception of a fortuitous invitation two years ago, on the day of my departure. I cross my fingers and accept what will come into my “mail” box.
It is Saturday, I withdrew a lot of Rupees this morning, to better meet the expenses of the next 17 days, then I went home and sat down to finally write to you. I know that not all of you are lucky enough to follow me on Facebook. Too bad. But that is why I write these travel diaries in which I can allow myself more intimacy, more depth, more words.
So I have 17 days left here and I am approaching them slowly, with complete peace of mind. I was telling Sylvain and our Brazilian friend, Paula, that I loved putting aside all the obligations, the online courses and even the daily meetings that have filled my last many years, since well before the pandemic. Need to simply 'be', to unite with each moment and die with it, letting life and experiences be born and renewed over the hours and seconds. It does me a world of good. I stay connected to what makes the world vibrate, I even sometimes listen to the morning shows and podcasts on OhDio. The Earth has never stopped turning when I travel and staying at the source of what beats the news has never prevented me from living the adventure well. Why pretend to another life, to a life in a vacuum, when "all that" is part of the time I am given to live?
I am starting to get a better idea of the third part of the Adventure, to see Nepal gradually reappear in my plans, aware that this third passage in less than twelve months in the land of the world's highest peaks could well be the last solo, if not the last, quite simply. Who knows? I don't really have any plans at the moment, while I always set off on an adventure already thinking about the next time.
That's it for this last letter in my travel diary! I hope it brought you a few smiles, a few "thrills of adventure".
Thundup
(He who achieves his goals)
P.S.: GOOD NEWS: At the moment of posting this letter i have just received the following message:
Secretary
Office of His Holiness the Dalai Lama



Commentaires
Enregistrer un commentaire